Voilà une voix qui résonne depuis si longtemps! parfois perdus dans le labyrinthe, nous ne l'entendons plus.
Pourtant, elle est là, mélodie en sous sol, arpège dans l'azur, bruissement de paroles...


Rêver sa vie pour mieux l'accomplir

mercredi 2 mars 2016

Extrait de l'article dans Psychologies Magazine J'ai testé la mythologie pour trouver ma voie

Une méthode inspirée du mythe de Thésée propose d’y voir plus clair, en suivant son fil d’Ariane. notre journaliste l’a testée.



Premier week-end du printemps, un vaste bureau dans le XVe arrondissement, à Paris. Autour d’une table, six personnes venues participer à un séminaire au nom en forme d’énigme : « Autographie-Projets de vie ». Il va être question de labyrinthe, de Minotaure, de fil d’Ariane et de projets, nous n’en savons pas plus. Pourquoi suis-je là ? A 33 ans, je ressens le besoin de faire le point sur le chemin parcouru, professionnel et personnel. De savoir où j’en suis pour mieux savoir où je vais.

« De quel lieu venez-vous ? » : c’est justement la première question posée par Françoise Bernard, conseil en formation, psychanalyste et créatrice de cette méthode d’orientation et d’accompagnement de projets. Sur une feuille blanche, j’écris : « De Belgique », et j’ajoute sans vraiment réfléchir : « Pays flou où le ciel, la terre et la mer se confondent. » De ce pays quitté voici dix ans, de ces racines un peu imprécises du côté de la mer du Nord, je décide de faire le point de départ de mon jeu initiatique. Le premier fil de mon histoire.

Le mythe de Thésée

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. Françoise Bernard utilise le mythe de Thésée affrontant le Minotaure : une histoire d’exploits, de renoncements, de désirs et de destin. « Le mythe permet un détour par l’imaginaire, donc un détour vers soi. Il offre à chacun la possibilité de traduire tel ou tel pan de son vécu dans d’autres images, de mettre ses pas dans un chemin déjà emprunté par d’autres et d’être ainsi soutenu dans son interrogation. »

Elle nous encourage, après avoir conté les exploits du futur roi d’Athènes, à dessiner notre propre labyrinthe, à nommer notre propre Minotaure et à donner un titre générique à la scène du duel. Je me lance dans une fresque rouge et noire baptisée « La lutte finale » : Thésée, casqué et ailé, s’avance prêt à en découdre avec un Minotaure qui lui barre la route vers la lumière. Je suis surprise par la tournure passionnelle des événements ! J’ai l’impression de voir une scène mille fois jouée où je reconnais des révoltes, de fiévreux enthousiasmes et aussi des peurs qui m’empêchent encore d’avancer comme je le voudrais… Et je formule pour moi-même : « Assez lutté, j’ai envie de m’ancrer. »

Je recherche mes points cardinaux
A ce stade du travail, mes questions pourtant demeurent : « Suis-je à la bonne place ? Ai-je fait les bons choix ? Toutes ces luttes, ces coupures, m’auraient-elles fait perdre mon fil d’Ariane ? » Pour nous permettre de prendre de la hauteur, Françoise Bernard nous propose de remplir notre Dédalescope. Plus qu’un curriculum vitae réduit à sa seule dimension de « course de vie », cet exercice se présente comme une table d’orientation destinée à recevoir l’inscription de nos « carrières de vie ».

« Cette étape donne une vue synthétique et dynamique de ce qui pouvait être ressenti comme un puzzle, voire comme un champ de ruines, précise encore Françoise Bernard. Il aide à s’orienter et révèle bien souvent le fil d’Ariane qui court à travers ce que nous pourrions appeler la géologie du moi. » Avec mes compagnons de labyrinthe, nous entreprenons donc de relire notre carte géographique : notre filiation, les événements marquants de nos vies, nos études formelles et informelles, ce qui nous a été transmis, ce que nous transmettons… Chacun s’ouvre aux autres de ses découvertes. Pour ma part, j’évoque quelques images de mon enfance : mes lectures, mon envie d’écrire, mes rêves d’ailleurs… Je m’attarde sur ma maîtrise de droit obtenue, je le sais maintenant, pour solder une dette familiale. Puis j’embraye sur mon départ vers Paris, ville-labyrinthe choisie pour m’inventer loin des attentes des autres et devenir journaliste. Dans les entrelacs de mon récit, je revis les doutes, mais surtout les rencontres et les découvertes de cette époque. Et je me dis que, à l’image de Thésée, moi aussi j’ai pris le taureau par les cornes ! Je n’ai pas eu peur de (me) perdre… pour (me) gagner.
 J’ai retrouvé mon fil d’Ariane
Tel que je viens de l’écrire et de le raconter aux autres stagiaires, mon chemin professionnel se révèle dans sa cohérence : à la fois nécessaire et formateur. Rassurée sur mes ressources comme sur mes racines, mes Minotaure se font moins menaçants. Quant à Ariane (ma boussole intérieure, ma créativité), elle peut à nouveau m’inspirer des projets : fictions à écrire, formations à entreprendre… « La lutte finale a déjà eu lieu », me dis-je apaisée, sûre de tenir le bon fil et prête à m’ancrer en terre d’écriture. « Dans cette démarche, ce qui importe, c’est que le “je” advienne en même temps que son projet », conclut Françoise Bernard avant d’ajouter avec malice : « Mais, bien sûr, les “je” ne sont jamais vraiment faits… » Car l’histoire de Thésée, c’est l’histoire d’une vie. Une vie à remettre son destin en mouvement pour naviguer au plus près de sa vérité.

LE MYTHE



THESEE, UN HEROS, UNE EPOPEE
Thésée, le fils du roi d’Athènes, s’embarque pour la Crète afin de tuer le Minotaure, homme à la tête de taureau enfermé par le roi Minos au cœur du labyrinthe construit par l’architecte Dédale. Chaque année, quatorze jeunes Athéniens (sept jeunes hommes, sept jeunes filles) sont sacrifiés au monstre… Thésée décide de se glisser parmi eux. A peine débarquée sur le rivage de Cnossos, Ariane, fille du roi Minos et demi-sœur du Minotaure, s’éprend du jeune héros. Elle donne à Thésée un fil long et solide qui lui permettra d’accomplir sa tâche et de ressortir victorieux du labyrinthe


A DÉCOUVRIR
Où s'adresser ?
Institut Françoise Bernard 65, avenue Félix-Faure, 75015 Paris. T. : 0145873062. ou www.institut-ifb.com L’Autographie-Projets de vie, méthode créée et déposée par Françoise Bernard, s’adresse à tous ceux qui se posent la question du choix et du projet professionnel. En s’appuyant sur le mythe de Thésée, d’Ariane et du Minotaure, et à partir d’un outil, le Dédalescope (également déposé), elle invite chaque participant à se libérer de son labyrinthe de vie. Le travail peut se faire en groupe ou en séance individuelle.

Le Parcours et le projet. Quel fil d’Ariane ? de Françoise Bernard et Renée Simonet.
Une mise en lumière de la méthode Autographie-Projets de vie, pour saisir les interactions entre identité et travail (Editions d’Organisation, 1998).

Les Mythes, conteurs de l’inconscient de Jean-Paul Valabrega.
La parole d’un psychanalyste sur les liens, explorés depuis Freud, entre les mythes, les rêves et l’inconscient qu’il soit individuel ou collectif (Payot, 2001).

Les Mythes grecs de Robert Graves.
Dans cet ouvrage de référence, l’auteur explore, parmi deux cents figures de la mythologie, tous les arcanes du destin héroïque de Thésée (LGF, 2002).

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